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Quelles solutions d’accessibilité pour les zones de rencontre ?

Zones apaisées, zones partagées, zones de rencontre, zones 20, aires piétonnes… Toutes ces expressions désignent des espaces réputés favorables aux piétons. Mais comme je vous l’expliquais dans mon précédent article, il n’est pas si facile de s’y retrouver. Pas facile non plus de s’y sentir en sécurité lorsqu’on est aveugle ou malvoyant. Je vous propose donc dans cet article une série de recommandations à soumettre aux aménageurs de ces espaces pour les rendre plus inclusifs et conviviaux !

La sécurité en question

Avant d’arriver en France les « zones de rencontre » ou « zones 20 » sont d’abord apparues aux Pays-Bas et en Angleterre. Et là aussi, elles ont posé problème à bon nombre de piétons, notamment aux personnes déficientes visuelles, aux personnes âgées, aux enfants…, en résumé à toutes les personnes les plus vulnérables.

Face à ce constat alarmant, le Ministère britannique des Transports a publié un guide de bonnes pratiques pour la conception des espaces partagés. Ce guide met l’accent sur la sécurité des piétons les plus fragiles. Au-delà de la sécurité réelle, c’est le sentiment de sécurité qui est en jeu. La suppression des repères habituels ne fait que renforcer le sentiment de vulnérabilité et les difficultés d’orientation.

Une vitesse réduite

Les zones de rencontre sont aussi parfois appelées « zones 20 » puisque la vitesse y est limitée à 20 km/h. Mais comment faire pour que cette limite soit effectivement respectée ?
Placer des panneaux indiquant la limitation de vitesse à chaque entrée dans la zone de rencontre est la moindre des choses. Un rappel est également nécessaire au moins à chaque croisement pour que les automobilistes n’oublient pas la consigne !
Au-delà de cette signalétique, la conception de la zone de rencontre doit par elle-même inciter les conducteurs à réduire leur vitesse et les piétons à prendre possession de l’espace. Il s’agit de rompre le traditionnel « couloir à voitures ». Parmi les aménagements, on peut :

  • Ajouter des ralentisseurs à chaque entrée dans la zone ;
  • Supprimer tous les marquages qui suggèrent une priorité des véhicules sur les piétons ;
  • Installer des massifs de fleurs (ou autres mobiliers) pour briser la linéarité de l’espace de circulation des véhicules ;
  • Privilégier les mobiliers dédiés aux piétons : bancs, terrasses de cafés…

Si la réduction de la vitesse des véhicules a un impact direct sur la sécurité des piétons, cette mesure ne suffit pas à elle seule à leur assurer confort et sérénité dans leurs déplacements.

Une bande de circulation dédiée aux piétons

Même si, dans une zone de rencontre, les piétons ont théoriquement le droit de marcher partout, le guide de bonnes pratiques du Ministère britannique des transports introduit le principe d’une « zone de confort » qui leur est strictement dédiée. Cette zone de confort prend la forme d’une bande de circulation libre de tout obstacle le long des façades. Exit les panneaux des commerces, les poubelles, les arbres, les bancs, etc. Ceux-ci se retrouveront sur une bande intermédiaire entre cette zone de confort et le passage des véhicules, zone dite « d’exploitation ». Les piétons peuvent alors circuler sans aucune crainte.
Autre aspect essentiel de cette zone de confort : elle doit être contrastée visuellement et tactilement. Ceci pour que les personnes aveugles ou malvoyantes puissent facilement la repérer et surtout savoir quand elles en sortent ! L’alignement des façades est un bon repère. Côté zone d’exploitation, il est important de prévoir un repère fixe type bande de guidage d’une largeur suffisante pour être détecté sans équivoque.

Et pour les traversées de rues ?

Dans les zones de rencontre, tous les marquages qui suggèrent une priorité des véhicules sur les piétons sont supprimés, y compris les lignes blanches des passages piétons. On peut alors traverser n’importe où. Il suffit de jeter un coup d’œil pour évaluer la distance des véhicules et s’assurer d’un regard que le conducteur vous a vu. Oui mais… comment faire quand on ne voit pas ou mal ? Ou même quand on a du mal à se déplacer aussi vite que les autres ?
Même en l’absence de feux, il est possible d’installer des balises sonores. Celles-ci présentent le double avantage d’améliorer le repérage des personnes déficientes visuelles tout en restant invisibles pour les autres usagers. Elles ne remettent donc pas en question le principe de la zone de rencontre. Des balises sonores (activables par télécommande ou smartphone) peuvent donc être installées à chaque croisement de rues.
Pour renforcer encore la sécurité des piétons les plus fragiles, il est possible de coupler ces balises sonores avec des signaux lumineux temporaires à l’attention des conducteurs, les invitant à accroitre leur vigilance encore davantage.

Nous n’avons encore que peu de recul sur les zones de rencontre et sur leur aménagement idéal. Si vous avez des retours sur les solutions préconisés dans cet article ou d’autres déjà implantées, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

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